Après les manifestations anti-délestage, la nuit a viré aux affrontements et aux pillages à Madagascar - Outre-mer La 1ère
Madagascar a été marquée ce jeudi par une vague de manifestations contre les coupures d'eau et d'électricité, caractérisée par une répression des forces de l'ordre. La journée a viré aux affrontements, la nuit aux pillages et aux incendies selon la presse locale.
Les forces de l'ordre ont été déployées en nombre dans la capitale malgache ce jeudi · ©Mayotte la 1ère Suite à un appel lancé sur les réseaux sociaux, des dizaines de milliers de malgaches ont manifesté dans plusieurs villes du pays ce jeudi 25 septembre pour protester notamment contre les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le pays. Si la journée a été marquée par des affrontements avec les forces de l'ordre, à la tombée de la nuit "la situation échappe totalement au contrôle", rapporte l'Express de Madagascar. Le journal fait état de magasins pillés et pris d'assaut dans plusieurs villes du pays, de routes bloquées, d'infrastructures et de logements incendiés : ce fut le cas du chantier de la future gare du train urbain d'Anosibe, de stations de téléphériques à Anosy et Ankorondrano, mais aussi des domiciles de deux députés et d'une sénatrice.
"Sur le terrain, l'organisation des forces de sécurité paraît vacillante", avec des commandants "parfois débordés par l'ampleur des événements", explique le journal local. Sur sa page Facebook, Orange Actu annonce que l'université d'Antananarivo restera fermée ce vendredi, tout comme les écoles de plusieurs districts et l'ensemble des magasins Super U et U Express dans la capitale. Le média rapporte également "la vive inquiétude" du syndicat des industries de Madagascar après cette nuit, même si un calme précaire semble être revenu dans les rues ce vendredi matin.
Un couvre-feu de 19h à 5h du matin avait été décrété dans la capitale après une journée rythmée par la répression de ces manifestations. Cette mobilisation a rapidement été interdite et qualifiée par le sénat malgache de "tentative de coup d'État orchestrée par l'opposition." Dans les rues de la capitale, les gendarmes et militaires ont été déployés en nombre. "Nous sommes venus les mains vides, avec juste la volonté de changer les choses. Tout ce qu'ils ont fait, c'est de nous tirer dessus avec des balles en caoutchouc et des lacrymogènes", explique une jeune femme d'une voix étranglée par l'émotion.

