Ce que l'on sait de l'opération "Project Freedom" lancée par Donald Trump pour libérer des navires dans le détroit d'Ormuz - franceinfo

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Ce que l'on sait de l'opération "Project Freedom" lancée par Donald Trump pour libérer des navires dans le détroit d'Ormuz  franceinfo

L'armée américaine a annoncé que des destroyers lance-missiles étaient entrés dans le Golfe et que deux navires marchands battant pavillon américain avaient pu traverser le détroit.

Article rédigé par franceinfo avec AFP France Télévisions Publié le 04/05/2026 15:40 Mis à jour le 04/05/2026 17:36 Temps de lecture : 5min Des cargos situés près du détroit d'Ormuz, au large des Emirats arabes unis, le 1er mai 2026. (FATIMA SHBAIR / SIPA) Il la présente comme un "geste humanitaire" envers les marins bloqués. Le président américain, Donald Trump, a annoncé, dimanche sur sa plateforme Truth Social, le lancement d'une opération baptisée "Project Freedom" ("Projet Liberté"), à partir du lundi 4 mai, pour libérer des navires commerciaux immobilisés depuis deux mois dans le détroit d'Ormuz.

Dans cette zone essentielle pour le commerce des hydrocarbures, la navigation est quasi à l'arrêt depuis le début de la guerre entamée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, le 28 février, et des représailles ordonnées par Téhéran. La marine iranienne a lancé des tirs, notamment de missiles de croisière, en guise d'avertissement contre des navires militaires américains dans le secteur. Franceinfo vous résume ce que l'on sait de cette initiative.

La marine américaine doit aider des navires de pays "qui n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient" à traverser le détroit d'Ormuz, a déclaré dimanche Donald Trump au sujet de cette opération "Project Freedom". Rares étaient toutefois les bateaux situés dans le détroit lundi en début d'après-midi, selon la carte de géolocalisation Marine Traffic.

Dans un message publié dans la nuit de dimanche à lundi sur X, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a confirmé qu'il apporterait "son soutien aux navires marchands". Cette "mission défensive" est "essentielle pour la sécurité régionale et l'économie mondiale", a déclaré Brad Cooper, commandant du Centcom. "Le soutien militaire américain au 'Project Freedom' comprendra des destroyers lance-missiles, plus de 100 aéronefs terrestres et maritimes, des plateformes sans pilote multidomaines et 15 000 militaires", a également détaillé le commandement central des forces armées américaines au sujet des moyens déployés pour la mise en œuvre de cette opération. Le blocus naval visant l'Iran est, lui, maintenu.

L'annonce de Donald Trump ne semble pas convaincre Emmanuel Macron. "Nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que ce soit, dans un cadre qui ne me semble pas clair", a réagi le chef de l'Etat, lundi, à son arrivée au sommet de la Communauté politique européenne en Arménie. "Nous souhaitons qu'il y ait surtout une réouverture concertée entre l'Iran et les Etats-Unis", a insisté le président de la République, pour qui "c'est la seule solution qui permette durablement de rouvrir le détroit".

Lundi en début d'après-midi, le commandement américain pour la région a fait les annonces suivantes sur son compte X : "Des destroyers lance-missiles de la marine américaine opèrent actuellement dans le Golfe après avoir franchi le détroit" et "deux navires marchands battant pavillon américain ont réussi à traverser (...) et poursuivent en toute sécurité leur voyage." Les Gardiens de la Révolution ont par la suite affirmé dans un communiqué cité par les agences iraniennes qu'aucun navire commercial ou pétrolier n'avait traversé le détroit d'Ormuz ces dernières heures.

L'armée iranienne a affirmé dans une série de communiqués publiés lundi sur Telegram avoir repéré en mer d'Oman des destroyers américains tentant d'approcher du détroit d'Ormuz radars éteints, et les avoir redétectés, une fois leurs radars rallumés. La marine iranienne leur a alors lancé un avertissement par radio. Un avertissement ignoré, selon le communiqué des forces armées iraniennes. La marine a alors procédé à des tirs de semonce, avec des missiles de croisière, des roquettes et des drones de combat à proximité, d'après la communication officielle iranienne.

Dans un premier temps, l'agence de presse iranienne semi-officielle Fars avait assuré sur le même réseau social qu'une frégate américaine qui cherchait à entrer dans cette zone avait été "touchée" par deux missiles. L'équipage avait "ignoré l'avertissement de la marine iranienne", ajoutait-elle, citant des "sources d'information locales du sud du pays". Selon Fars, les bâtiments naviguaient près du port de Jask, dans le sud de l'Iran, qui borde la mer d'Oman, à environ 200 kilomètres du détroit d'Ormuz. L'armée américaine a pour sa part démenti qu'un de ses navires ait été frappé. "Aucun navire de la marine américaine n'a été touché", a réagi sur X le Centcom en début d'après-midi.

Téhéran avait menacé les troupes américaines de riposte dès les annonces Donald Trump, dimanche soir. "Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l'agressive armée américaine : s'ils ont l'intention de s'approcher du détroit d'Ormuz ou d'y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués", a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées. "Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d'Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu" entré en vigueur le 8 avril, avait auparavant averti le président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi.

Dans son message sur Truth Social dimanche, Donald Trump avait mis en garde le régime iranien, affirmant que toute entrave à l'opération américaine serait "malheureusement traitée par la force". Le locataire de la Maison Blanche a cependant salué des discussions "très positives" avec la République islamique par l'intermédiaire du Pakistan afin de mettre fin à la guerre.

Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a souligné jeudi AXSMarine, entreprise spécialisée dans le suivi maritime. Quelque 20 000 marins sont concernés, estime un haut responsable de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Original Source
https://www.franceinfo.fr/monde/iran/guerre-entre-les-etats-unis-israel-et-l-iran/ce-que-l-on-sait-de-l-operation-project-freedom-lancee-par-donald-trump-pour-liberer-des-navires-dans-le-detroit-d-ormuz_7982129.html
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