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Un vélo blanc a été installé à l'endroit même du drame, à Lille (Nord) un "devoir de mémoire", selon l'Association Droit au vélo. • © France Télévisions / Illustration Alice Rougerie Publié le30/09/2026 à 16h05 Temps de lecture : 3 min Hauts-de-France France3 Régions sur Facebook (Nouvelle fenêtre) France3 Régions sur WhatsApp (Nouvelle fenêtre) copier le lien Ajouter comme source préférée Le tribunal de Lille (Nord) a condamné à de la prison ferme le chauffeur du camion benne qui a renversé Romain Faure, un cycliste de 50 ans, le 8 juillet dernier. Les détails du jugement.
À la barre du tribunal correctionnel de Lille, J.A. a le regard dans le vide, le dos courbé à l'énoncé de sa peine. Le chauffeur de 48 ans est déclaré coupable d'homicide routier.
C'est lui qui conduisait le camion qui a fauché le cycliste de 50 ans, le 8 juillet 2026, entre les rues des Canonniers et Vieux Faubourg, à Lille. Romain Faure, père de 3 enfants, urbaniste, allait justement ce matin-là donner une conférence sur les mobilités douces.
Un hommage avait été rendu à Romain Faure sur les lieux du drame, 11 jours après sa mort, à Lille (Nord). • © France Télévisions / Illustration "Un accident", continue de clamer l'homme, visiblement affecté par l'énoncé du tribunal : trois ans de prison dont un ferme, la suspension du permis de conduire et cinq ans d'interdiction avant de le repasser : "Je suis chauffeur, comment voulez-vous que je travaille sans permis?, s'étonne-t-il, à la sortie de l'audience.
"Je m'attendais à une lourde peine, mais pas aussi dure. Je ne suis qu'un simple travailleur, ce genre d'accident, tout le monde le redoute dans ce métier." Pour rappel, le ministère public avait requis contre lui cinq ans de prison, dont quatre avec sursis.
Depuis 2019, J.A. travaille pour Paprec, une société de recyclage. Depuis le drame, il a été affecté à la manutention. "Évidemment que j'y pense tous les jours, j'ai toujours l'image dans ma tête mais je le répète, c'était un accident", continue-t-il.
Juste à côté, l'avocate de la famille du défunt lève les yeux au ciel : "S'il continue à tenir ce discours, c'est vraiment qu'il n'a rien compris, que l'audience n'a servi à rien". Car selon elle, il ne s'agit pas d'un accident. L'homme est en effet poursuit pour trois infractions commises ce matin-là : il n'a pas marqué le stop avant de s'engager dans une voie réservée aux bus et aux vélos.
Enfin, son camion roulait à 35km/h au lieu des 30km/h autorisé : "Il est passé de 0 à 35km/h en moins de 15 mètres tout de même", ajoute l'avocat de l'Association droit au vélo (Adav), constituée partie civile dans ce dossier.
Cet homme est inquiétant, il n'a aucune remise en question. Il faut l'empêcher de prendre le volant sur les routes.
C'est ce qu'a décidé le tribunal en lui retirant le permis et en l'empêchant de le repasser pendant 5 ans. "Nous sommes satisfaits de ce volet de la peine, poursuit Me Mathilde François, car ça va plus loin que les réquisitions qui demandaient un an uniquement, cela prouve bien que le caractère dangereux de cet homme a été retenu."
Me Titran et les membres de l'Association droit au vélo après le délibéré du tribunal de Lille. • © Alice Rougerie / FTV L'Adav et ses représentants présents au procès approuvent. Déjà satisfait que l'association ait été reconnue partie civile, les militants salue une peine cohérente : "La prison ferme est un message fort dans l'homicide routier, même si elle est aménagée par la suite, explique Pascal Hossepied. "Cela aide à faire changer les mentalités, car l'idée derrière tout ça, c'est quand même de circuler dans une ville apaisée où tout le monde se respecte."
Un regret pour l'association : que l'employeur du chauffeur n'ait pas été entendu : "L'homme se dit bon conducteur, poursuit le militant, mais son fichier d'infractions routières est long comme le bras".
Et l'avocat de l'Adav, Me Benoît Titran d'énumérer les manquements : "téléphone au volant, sens interdit, franchissement des stops... des années que ça dure sans qu'il soit inquiété au travail".
En plus de la peine pénale rendue ce mercredi 30 septembre, pour laquelle l'homme a dix jours pour faire appel, un deuxième volet a lieu au civil, le 7 avril 2027, pour établir les dommages et intérêts. 140 000€ doivent déjà être versés aux parties civiles, "mais ça va monter beaucoup plus, assure leur avocate, ça peut se compter en millions d'euros [payées par les assurances] pour prendre en compte le préjudice moral et matériel. Le sentiment de justice doit exister même si ça ne ramènera pas Romain".
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