Marine Le Pen : “Une crise obligataire peut se déclencher du jour au lendemain”
PARIS — Pour la candidate du Rassemblement national, “une crise obligataire peut se déclencher du jour au lendemain”, au vu de l’état des finances publiques françaises.
Invitée du sommet Playbook Paris de POLITICO, Marine Le Pen a assuré jeudi qu’elle “ne nie pas le risque” d’une telle crise, qui “ne tombe pas du ciel” mais découle “de dix ans de dépenses inouïes, d’aggravation spectaculaire de la dette et de déficits plus importants les uns que les autres”, attaquant le bilan d’Emmanuel Macron.
Au nom du risque de crise, la favorite des sondages en vue de l’élection présidentielle laisse la porte ouverte à une non-censure du budget. “J’essaie de faire en sorte que [le budget] soit le moins imparfait possible, a-t-elle résumé. Pas pour le laisser passer, mais pour pouvoir le changer quand je serai présidente de la République.”
La candidate du RN a annoncé qu’elle présenterait la trajectoire budgétaire de son éventuel quinquennat le 6 octobre — dont “125 milliards d’économies” sur cinq ans.
Si elle est élue au printemps, Marine Le Pen prévoit de “procéder à des modifications importantes des effets les plus néfastes” de la loi de finances. Ce qui implique le gouvernement actuel n’ait pas recours à une loi spéciale.
Interrogée sur le budget de l’Union européenne, Marine Le Pen a accusé Ursula von der Leyen de vouloir esquiver “les quatre élections des plus grands pays de l’Union européenne” — la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne — en faisant adopter le budget de l’UE dès la fin 2026. “Un scandale démocratique”, selon la candidate d’extrême droite.

