Transition énergétique : un gisement d'hydrogène naturel exceptionnel découvert en Lorraine ? - France 3 Régions
Le puits d'exploration de gaz de houille à Folschviller (Moselle) a révélé la présence d'une importante concentration d'hydrogène blanc. Une surprise pour les chercheurs de l'Université de Lorraine. • © SANCHIS THIERRY / MAXPPP Eric Molodtzoff Publié le24/05/2023 à 18h30 Temps de lecture : 2 min Grand Est France3 Régions sur Facebook (Nouvelle fenêtre) France3 Régions sur WhatsApp (Nouvelle fenêtre) copier le lien Ajouter comme source préférée La Lorraine sera-elle le nouvel eldorado énergétique de la France ? Deux directeurs de recherche de l'Université de Lorraine le pensent. Ils ont découvert d'importantes concentrations d'hydrogène blanc sur le site pilote de la Française de l'Energie à Folschviller en Moselle.
Les chercheurs lorrains du projet universitaire REGALOR associés à la Française de l'Energie (LFDE) et la société Solexperts France ont découvert d'importantes quantités d'hydrogène blanc, neutre en CO2 sur le site pilote européen de Folschviller (Moselle). Depuis 2012, un puits est mis à la disposition des chercheurs dans le cadre de la recherche et d'analyses de gaz de charbon. La découverte inopinée de cet hydrogène natif, source d'énergie très convoitée pour la transition énergétique, ouvre d'immenses perspectives tant au niveau de la recherche qu'au niveau économique. Nous avons posé trois questions à Philippe de Donato co-directeur de recherche avec Jacques Pironon au laboratoire GéoRessouces de l'Université de Lorraine.
Philippe de Donato et Jacques Pironon, directeurs de recherche au CNRS. Laboratoire GéoRessources. Université de Lorraine • © Université de Lorraine Cette découverte d'hydrogène blanc dans le bassin de Folschviller a été une véritable surprise ?
"C'était inattendu ! Personne dans la communauté de ceux qui travaillent sur le charbon ne s'attendait à trouver de l'hydrogène. A 600 mètres on a détecté 1% d'hydrogène, à 800 mètres on était à 6 % et à 1100 mètres on a vu la concentration d'hydrogène plus que doubler, on était à plus de 15%. Si c'est confirmé, ce serait le plus gros potentiel d'hydrogène naturel découvert à ce jour en France et en Europe."
Comment avez-vous détecter ce gaz à une telle profondeur ?
Jacques Pironon et moi-même sommes co-inventeurs de l'outil breveté par la société Solexperts France. Nous avons réussi à mettre au point une sonde unique au monde qui peut être introduite dans des puits et qui permet de mesurer les gaz à très grande profondeur, c'est à dire au-delà de 1000 mètres. Elle doit résister à des pressions au minimum de 200 bars ce qui représente 50 fois la pression vous avez dans un pneu de voiture. Vous imaginez les contraintes !"
Quelles perspectives ouvriraient la découverte de ce gisement potentiel et l'invention de cette sonde unique au monde ?
"Il n'existe aucune société dans le monde, même les grosses compagnies pétrolières, capables de faire comme nous ce type d'analyses. Dans la politique de transition écologique, l'hydrogène est un vecteur extrêmement important. Les enjeux économiques dépassent largement la Lorraine et la France. Le Président de la République l'a dit : il faut construire une filière hydrogène au niveau national. Avec le développement de la recherche et l'exploitation de cette énergie, nous avons de grandes chances d'accroitre notre compétitivité et unotre positionnement de leader dans ce secteur d'avenir."
La sonde conçue par les chercheurs du laboratoire GéoRessources sur le site pilote de Folschviller. Elle est capable de mesurer les gaz à plus de 1000 mètres de profondeur • © Eric Molodtzoff/ France3 Lorraine
Philippe de Donato et Jacques Pironon estiment que la concentration d'hydrogène naturel pourrait atteindre 98 % à 3000 mètres de profondeur. Le projet REGALOR qui devait s'achever en décembre 2023 sera prolongé. Dès février 2024, Il prendra une orientation exploration- exploitation. Le consortium Université de Lorraine, LFDE et Solexperts se donnent deux ans pour aboutir à une cartographie complète des ressources en hydrogène natif sur le territoire et la mise en place d'un système d'exploitation à l'échelle industrielle.
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